Depuis 1977, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a classé l’amiante parmi les agents cancérigènes.
Inhalées, ses minuscules fibres se plantent et s’accumulent dans les poumons favorisant l’apparition de 2 sortes de pathologies graves : les fibroses et les cancers (poumons, plèvre...) qui apparaissent près de 10 à 20 ans après le
début de l’exposition.
Bannir l’amiante
L’amiante est un minéral naturel cristallisé fibreux. Les variétés les plus courantes sont :
> le chrysotile (amiante blanc),
> la crocidolite (amiante bleu),
> l’amosite (amiante brun),
> la trémolite très connue à l’état naturel en Nouvelle-Calédonie...
Dans le domaine du bâtiment, l’amiante se rencontre le plus fréquemment sous la forme de flocages, calorifugeages ou plaque dures ou semi-dures (faux plafond, revêtements de sol...).
Les fibres d’amiante, outre leur faible coût, présentent des propriétés physico-chimiques exceptionnelles qui ont favorisé leur fréquente utilisation dans de nombreux matériaux et ce dans tous les secteurs d’activités : incombustibilité,
résistance mécanique, stabilité thermique, faible conductivité électrique...
Toutes les fibres d’amiante ne sont pas cancérigènes.
La taille et la géométrie des fibres volatiles sont les principaux facteurs qui déterminent la pénétration de l’amiante et
sa distribution dans les voies respiratoires (fibres de plus de 5 mm de longueur, de 3 mm au plus de largeur et dont le
rapport longueur/largeur excède 3). Il y a dangerosité quand toutes ces conditions sont réunies.
La plupart des matériaux contenant de l’amiante ne peuvent pas libérer spontanément des fibres d’amiante ; cela
peut se produire en cas d’usure anormale ou lors d’interventions mettant en cause l’intégrité du matériau (perçage,
ponçage, découpe...).
Ces situations peuvent alors conduire à des expositions importantes si des mesures de sécurité ne sont pas prises
d’où une réglementation très stricte depuis 1997.
Rappel réglementaire succinct
- Juillet 1977 : première réglementation limitant l’usage de l’amiante.
- Janvier 1997 : interdiction quasi-totale d’usage de l’amiante.
- Décret n°96-97 du 7 février 1996, relatif à la protection de la population contre les risques sanitaires liés à une
exposition à l’amiante dans les immeubles bâtis, impose la recherche uniquement de présence de flocages et de
calorifugeages contenant de l’amiante et prescrit les conduites à tenir.
- Décret n°96-98 du 7 février 1996, relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à l’inhalation de
poussière d’amiante, concerne les activités de transformation de matériaux contenant de l’amiante de confinement
et de retrait de l’amiante.
- Arrêté du 2 janvier 2002 relatif au repérage des matériaux et produits contenant de l’amiante avant démolition en
application de l’article 10-4 du décret n°96-97 du 7 février 1996 modifié.
- Arrêté du 22 août 2002 qui impose la constitution du dossier technique amiante.
La plupart de ces textes sont depuis mai 2003 repris dans le Code de la Santé Publique français.
Il n’existe qu’un seul texte réglementaire en Nouvelle-Calédonie : la délibération n°211/CP du 15 octobre 1997 relative à la protection des travailleurs contre les risques liés à l’inhalation de poussière d’amiante.
Ce texte est la copie conforme du décret n°96-98 du 7 février 1996.
En raison des risques importants qui découlent de l’exposition à l’amiante, la réglementation impose des mesures très
sévères de prévention et de protection, avec des obligations spécifi ques en application à la délibération n°211/CP du
15 octobre 1997 :
- La réalisation de Dossiers Techniques Amiante (DTA) : rapports qui sont tenus à jour, mis à la disposition de tout
salarié les réclamant et communiqués à toutes entreprises appelées à effectuer des travaux au CHT. Ils identifient
les matériaux et produits contenant de l’amiante, indiquent leur localisation, leur état de conservation, les consignes
de sécurité... Ces dossiers sont mis en place dans le respect du Code de Santé Publique pour l’information et la
protection des travailleurs.
- La réalisation de diagnostics amiante : avant travaux ou démolition, un diagnostic exhaustif de tous les matériaux
pouvant contenir de l’amiante est fait et le désamiantage des bâtiments concernés doit être réalisé avant le
commencement du chantier. 2 sociétés sur le territoire sont habilitées à retirer l’amiante. Elles proposent un plan
de retrait détaillé (études des risques, méthode d’enlèvement des matériaux, évacuation des déchets...). Ce plan de
retrait est soumis à la médecine du travail et une réunion est alors organisée avant le début de chaque chantier avec
une personne de l’inspection du travail, le médecin du travail, une personne du service prévention de la CAFAT ainsi
que des membres du CHSTC du CHT. C’est le médecin du travail qui donne son aval ou non pour la réalisation des
travaux.
Application de la réglementation au CHT
En 1997, suite à la découverte d’amiante au Lycée Jules Garnier, il est demandé à tous les établissements publics de
Nouvelle-Calédonie de rechercher la présence de fl ocages et de calorifugeages à base d’amiante en application du
décret n°96-97 du 7 février 1996.
Le CHT a confi é ce travail au Laboratoire d’expertise du Bâtiment et des Travaux Publics qui a rendu ses rapports en
septembre 1997.
En conclusion, aucun fl ocage ou calorifugeage à base d’amiante n’a été trouvé, cependant le LBTP, ayant élargi leur
prospection, il a été repéré :
- au Centre Médical du Col de la Pirogue : du dafl ex contenant de l’amiante dans 2 pièces de l’infirmerie et dans
3 pièces d’une villa,
- au Centre Raoul Follereau : de l’amiante dans le joint de l’incinérateur,
- aucune trace à l’Hôpital de Magenta,
- à l’Hôpital Gaston Bourret : un enduit plâtré au plafond dans les bureaux de 2 médecins du
bâtiment V (1er étage).
En 2005, la présence éventuelle d’amiante dans le dafl ex des locaux de la pharmacie est suspectée
ainsi que dans un enduit plafond découvert dans 2 pièces du rez-de-chaussée lors de travaux
de rénovation du bâtiment T.
Une nouvelle étude générale du CHT a été demandée au LBTP avec la constitution des DTA.
La situation aujourd’hui
L’amiante est tout de même présente dans quelques locaux clairement recensés dans les « dossiers techniques amiante » :
- Au Centre Médical du Col de la Pirogue : un revêtement souple a été posé par-dessus les dalles plastiques contenant
de l’amiante dans l’infi rmerie. Des mesures d’air ont été réalisées et aucune fi bre d’amiante en suspension n’a été
trouvée ni dans l’infirmerie, ni dans la villa. La présence de plaques fi brociment contenant de l’amiante dans le groupe électrogène est à surveiller.
- Au Centre Raoul Follereau : le joint de l’incinérateur étant changé régulièrement par l’entreprise qui assurait sa
maintenance, il n’y a plus d’amiante aujourd’hui (ce matériau n’est plus utilisé depuis 1997).
- Rien à signaler à l’Hôpital de Magenta.
- A l’Hôpital Gaston Bourret : une analyse d’air réalisée en juin 2005 n’a conclu à aucune présence de fi bre d’amiante
dans les bureaux de 2 médecins du bâtiment V (1er étage).
Bâtiment T : dans le cadre du chantier de rénovation, l’enlèvement de l’enduit du plafond contenant de l’amiante est
terminé dans le respect de la délibération n°211/CP du 15 octobre 1997.
Les 2 couches de daflex ont été retirées jusqu’à la première couche de colle contenant l’amiante,
bien qu’aucune réglementation ne l’impose, la pose d’un nouveau revêtement aurait suffi.
Bâtiment L (Pharmacie) : la colle noire du daflex dans le bureau du pharmacien contient de l’amiante.
Une mesure d’air n’a conclu à aucune présence de fibre d’amiante en septembre 2005.
Bâtiment O (Association, syndicat, etc...) : le daflex contient de l’amiante
Bâtiment I et B : dans les locaux d’archivage situés entre les niveaux 0 et 1, les dalles thermoplastiques contiennent de
l’amiante. Ces bâtiments étant désaffectés, ces matériaux seront retirés à terme.
Il n’existe pas au CHT de matériaux contenant de l’amiante pouvant libérer spontanément des fibres qui représenteraient
un risque pour les patients comme pour le personnel.
Actuellement, la zone O, O’, N et L est en cours de désamiantage : le daflex et certaines plaques de fibro sous forgé du
bâtiment O ; la colle du daflex, 2 gouttières en fibro et une couche de daflex inférieur dans les panneaux murs et plafonds
du dock pharmacie dans le bâtiment L . Il n’y a rien à signaler dans les bâtiments O’ et N.
A l’Hôpital de Magenta, un diagnostic avant travaux est en cours dans le bâtiment trésor finance, nous n’en
connaissons pas encore les résultats.
Le désamiantage a une incidence financière
importante pour le CHT :
Celui des bâtiments O et L coûtera plus de
8 millions de FCFP.
Outre les frais de diagnostic et d’analyses, de dé-flocage, de traitement des déchets auxquels il faut
ajouter les frais générés par le remplacement des
matériaux et la remise en états des locaux.
Entretien avec Jocelyn Delrieu,
Ingénieur au service entretien
« Les manquements sont largement favorisés par une réglementation qui
reste très insuffisante localement.
Elle est précise concernant le personnel travaillant sur les chantiers de
retrait d’amiante. En revanche, il n’y a rien concernant la protection des
agents. Il n’existe pas de réglementation locale, nous appliquons donc
des réglementations françaises.
La volonté du CHT est de poursuivre dans ce sens : retirer toute l’amiante
découverte et continuer les diagnostics approfondis de l’ensemble des
bâtiments».
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